Butembo : angoisse et tristesse pour une mère qui se bat seule pour son fils vivant avec débilité

Muhindo Christian est une personne vivant avec handicap. Âgé de 28 ans, il a l’apparence d’un enfant d’environ un an en raison d’un arrêt de croissance. Totalement dépendant, il représente une lourde charge pour sa famille. Sa mère, qui s’occupe de lui à temps plein, lance un appel à l’aide afin de soulager la famille dans sa prise en charge.

Né dans une famille de six enfants, Muhindo Christian est le seul garçon. Sa naissance s’est déroulée normalement. Mais à l’âge de deux ans, sa vie bascule. « Il est tombé malade, attaqué par l’épilepsie », raconte sa mère. Depuis, la maladie n’a cessé de s’aggraver, affectant profondément sa santé physique et intellectuelle.

Aujourd’hui, Christian est âgé de 28 ans. Il est né en 1998. Sa croissance physique s’est arrêtée de façon prématurée. Visiblement, il ressemble à un enfant d’environ un an. Il présente des signes de retard et une absence de développement. Totalement dépendant, il a besoin d’une assistance permanente pour tous les gestes de la vie quotidienne.

Abandonné par son père, Christian est entièrement pris en charge par sa mère, avec l’appui de ses sœurs. À 60 ans, cette femme courageuse porte seule le poids de la maisonnée. Pour subvenir aux besoins de sa famille et payer le loyer, elle extrait du sable dans la rivière, effectue des travaux ménagers rémunérés et transporte des briques, des tâches qu’elle endure.

Épuisée, elle lance un appel aux personnes de bonne volonté. Elle dénonce également le comportement de certains individus qui promettent de l’aide sans jamais revenir, ou qui exploitent la situation de son fils pour obtenir des financements à leur propre profit.

Christian et sa famille vivent dans la vallée de l’église EERA, au quartier de l’Évêché, en commune de Bulengera, dans la ville de Butembo. L’espoir d’un soutien extérieur reste indispensable pour alléger le fardeau d’une mère qui se bat, jour après jour, pour la survie de son fils.

MIREMBE KITAWITE et HANGI MULEKYA

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Décès maternels : un suivi prénatal régulier et une prise en charge rapide peuvent sauver des vies

Plusieurs structures sanitaires enregistrent quotidiennement des cas de mortalité maternelle. Cette situation est due à plusieurs facteurs, notamment des conditions sanitaires et sociales précaires ainsi que des insuffisances du système de santé. Le docteur MAPENDO NDALIKO Augustin, médecin technique au Bureau Diocésain des œuvres médicales (BDOM), estime qu’il est possible d’éviter ces décès si la femme bénéficie d’un suivi prénatal régulier, d’un accouchement assisté par un personnel qualifié et d’une prise en charge rapide des complications.

Cette question a été longuement abordée au cours des différents conseils d’administration des structures sanitaires tenus du 9 au 13 mars, à Butembo.  Plusieurs centres parmi ceux qui ont été évalués ont enregistré des cas de mortalité maternelle. Le docteur MAPENDO NDALIKO Augustin, médecin technique du BDOM, a fait savoir que les facteurs favorisant la mortalité maternelle sont multiples et souvent liés à des conditions médicales, sociales ainsi qu’au système de santé. Ce médecin traitant au centre hospitalier Sainte Famille de Mukuna, a partagé son expérience à l’assistance. Il a expliqué que l’hôpital de Mukuna réalise en moyenne 125 accouchements le mois sans enregistrer de décès pendant la grossesse, à l’accouchement voire après. Pour lui, les stratégies utilisées dont le renforcement des soins de santé maternelle, l’amélioration de la prise en charge des urgences et la réduction des retards favorisent la lutte contre le décès maternel. Pour y parvenir, ce prestataire de santé sensibilise les femmes enceintes qui, parfois par ignorance, tardent à se rendre à l’hôpital et y arrivent déjà avec des complications, favorisant ainsi des décès maternels.

Rolande KYAKIMWA OA

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Mangurejipa : le conseil d’administration de l’hôpital évalue son fonctionnement malgré l’insécurité

Le conseil d’administration de l’hôpital général de référence de Mangurejipa s’est tenu samedi 14 mars 2026 au Bureau Diocésain des Œuvres Médicales BDOM de Butembo. Cette réunion a consisté à l’évaluation du fonctionnement de cette structure sanitaire dans un contexte marqué par l’insécurité dans le secteur des Bapere, en territoire de Lubero. Les responsables ont notamment évoqué les difficultés de travail et les efforts de résistance du personnel soignant.

Le comité de gestion de l’hôpital général de référence de Mangurejipa a présenté son rapport d’activités devant le conseil d’administration réuni dans la salle de réunion duBDOM. Les responsables ont indiqué que l’insécurité persistante dans la zone a fortement perturbé le fonctionnement de l’hôpital au cours de l’année 2025. Selon le médecin directeur, docteur Mapendo Jackson, l’hôpital est censé servir l’ensemble de la population du secteur des Bapere. Néanmoins, son emplacement excentré et la dégradation de la situation sécuritaire compliquent l’accès aux soins et obligent le personnel à travailler sous une forte pression.

Intervenant au nom de l’Évêque du Diocèse de Butembo-Beni, l’abbé Ignace Matsungu a souligné que la tenue du conseil constitue une occasion pour l’Église locale de manifester sa proximité avec les agents de santé opérant dans la zone de Mangurejipa. Il les a encouragés à poursuivre leur mission malgré les nombreux défis auxquels ils sont confrontés.

L’insécurité persistante dans la région a provoqué la fermeture de plusieurs centres de santé, tandis que d’autres structures fonctionnent difficilement. Parallèlement, on observe un important déplacement de la population. Face à cette situation, le médecin directeur du BDOM, la sœur Syaguswa Françoise, a salué les efforts de l’équipe de l’hôpital de Mangurejipa, qui continue d’assurer les soins malgré le contexte critique.

Malgré ces défis, l’hôpital général de référence de Mangurejipa poursuit ses activités grâce à l’esprit de collaboration entre les agents de santé. Une expérience présentée comme un exemple pour les autres structures sanitaires du BDOM. Situé dans la cité de Mangurejipa, en groupement Baredje dans le secteur des Bapere en territoire de Lubero, cet hôpital dessert une population composée principalement des Bapiri, des Nandes et des Pygmées.

Rolande Kyakimwa O.A